Les futiles motifs d’expulsion en 1958

Pour M. Moreau, chef du bureau des Rapatriés d’Indochine (ministère des Affaires étrangères), dans une circulaire confidentielle datée du 20 mai 1958, « les hébergés des centres d’accueil peuvent être mis à la porte, au besoin par la force, s’ils se conduisent mal, sont une cause de désordre ou refusent de faire l’effort nécessaire pour subsister par leurs propres besoins. Au cas où la gendarmerie refuserait de prêter son concours pour une expulsion et où le préfet hésiterait à prendre une responsabilité à cet égard, il serait préférable d’envisager l’intervention d’un arrêté ministériel prévoyant les mesures d’éviction à l’encontre des hébergés qui ne seraient plus en conformité avec les règles dudit arrêté ».
Cliquez ici pour voir le PDF de 3 pages de cette circulaire.

En réponse à cette circulaire, voilà comment le sieur E. Bretonnière de Checque, premier directeur (dans l’ordre chronologique) du camp, a réagi. Pour ce monsieur, si un rapatrié a un enfant qui habite près de chez lui et possède une maison, il doit quitter le camp et venir habiter chez son enfant (lettre ci-dessous du 23 juin 1956) car il se conduit mal. Dès qu’un rapatrié possède une télévision ou une voiture (lettre ci-dessous du 3 septembre 1963), il sème le désordre et doit être expulsé… Aberrant et affligeant !


En 1959, l’arrêté Morlot stipulait que l’acquisition d’un poste de radio devait être interprété comme un signe extérieur de richesse passible d’expulsion. Il fallait donc soit s’enrichir d’un coup pour espérer quitter le camp, soit durer dans la survie.

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2 réflexions au sujet de « Les futiles motifs d’expulsion en 1958 »

  1. En décembre 1977 , notre mère était décédée à 61 ans ,usée par la dureté de vie dans ce camp.Mr BOUCHER , le directeur du camp nous informait le décès de maman .Nous étions en ce moment là éparpillés dans tous les coins de la France.Il nous ordonnait de débarrasser toutes les affaires de notre famille en 24 heures .et de quitter ce logement où nous avions grandi et passé toute notre enfance, comme des mal propres.Nous n’avions pas besoin de ce logement pour y habiter , mais seulement un peu de temps pour faire le deuil de maman car chacun d’entre nous a réussi à reconstruire notre vie ailleurs .Nous éprouvons beaucoup d’amertume .Nous sommes sûrs que nous ne soyons pas les seuls à subir ce traitement indigne et inhumain Ce témoignage apporte encore une fois la preuve de la cruauté de l’arrêté Morlot pour ces rapatriés , pourtant français et qui ont servi la France en Indochine .
    Daniel FRECHE ,ancien enfant du CAFI – Bt B – N° 1

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