Programme des festivités organisées par le CEP-CAFI Chers amis, Cette année, nous sommes fiers de mettre en avant le travail de nos asio-descendants du CAFI pour la transmission et la mémoire de l’Indochine Française. Les tables rondes, les pièces de théâtre, le podcast, la bande dessinée, les livres, les thèses participent à la dynamique des jeunes de la 3e génération du CAFI qui s’emparent des questionnements mémoriels qui les traversent. Cette dynamique fait écho aux récentes pièces de théâtre : « Circulations capitales » de Marine Bachelot-Nguyen, « Mémoires invisibles ou la part manquante » de Paul Nguyen, « Saïgon » de Caroline Guiela Nguyen, au film « Mon père » de Jordan Raux, au podcast « Vietnam-sur-Lot » d’Alix Douart, aux thèses universitaires en psychiatrie de Paola Revue et à d’autres travaux de biens d’autres asio-descendants de la 3e génération du CAFI comme Nadège Lobateau … Ces projets ont dépassé les frontières du CAFI et ont suscité des entretiens pour la réalisation du projet « Entre deux rives » de Paul Nguyen, des articles de journaux de presse régionale et nationale, des émissions de radio et des tables rondes au siège du journal « le Nouvel Obs » et au festival ICI Vietnam le 15 juin 2024 à Paris, Ne manquez pas : . La table ronde du mardi 13 août 2024 à 10 h avec notre amie Lien Maffray-Lecrenn, modératrice, et la participation des derniers descendants du CAFI ayant réalisé un travail de mémoire . Le débat du mercredi 14 août (après le film), animé par Gabriel Weissberg, enfant de la 2e génération du CAFI de Bias, maître de conférences et professeur des universités à Toulouse. . Le CEP-CAFI et Pôleth Wadbled vous informeront des projets sur le Musée des mémoires du CAFI, de Noyant-d’Allier et du CAFI de Sainte-Livrade-sur-Lot. . Information en ce qui concerne l’extension de la loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis, réparation en raison du traumatisme de l’exil et de la relégation, des mauvaises conditions de vie dans les camps, des conditions indignes, et la reconnaissance des Rapatriés d’Indochine, le projet doit être débattu à l’assemblée nationale prochainement. Au plaisir de vous voir et de vous revoir cet été pour de chaleureuses retrouvailles. Nina Sinnouretty
Lors de la cérémonie de la commémoration de la guerre d’Indochine à Sarcelles, le président du CEP-CAFI, M. Daniel Frèche, a prononcé un discours sur les conséquences de la fin de colonisation de l’Indochine. « Bonjour monsieur le Maire, mesdames, messieurs, Nous vous rappelons qu’après la défaite de Dien Bien Phu et les accords de Genève en 1954, les Rapatriés français d’Indochine ont dû quitter le Nord du Vietnam pour suivre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) vers le Sud et s’installer dans les premiers camps provisoires, près de Saigon. Après 2 ans de vie dans ces camps aux conditions déplorables, ils furent rapatriés en 1956 par bateau, dans des cales, pour rejoindre la mère patrie. La plupart de ces rapatriés étaient des veuves d’origine vietnamienne mais de nationalité française. Ces rapatriés ont séjourné pendant de longues années dans des camps avec des conditions indignes sans hygiène, sans chauffage, oubliés de toutes les législations sur les rapatriés depuis la loi du 26 décembre 1961. Celle-ci donnait une définition juridique aux rapatriés et prévoyait des dispositifs d’assistance, de solidarité et d’aide à l’insertion en leur faveur. Avant le vote de la loi de 1962, le Centre d’Accueil des Rapatriés d’Indochine (CARI) était devenu le Centre d’Accueil des Français d’Indochine (CAFI). Ce changement de statut leur enlevait le droit de se revendiquer comme des Français rapatriés dans les termes de la loi de 1961. C’est ainsi que, pour nous, les rapatriés d’Indochine se voyaient privés des dispositifs d’assistance, de solidarité et d’aide à l’insertion en leur faveur de la loi de 1962 et de toutes les lois suivantes votées seulement en faveur des rapatriés d’Algérie. A leur arrivée en France, les familles des rapatriés d’Indochine des camps de Bias, de Sainte-Livrade-sur-Lot et de Noyant-sur-Allier ainsi que les familles des harkis ont vécu dans les mêmes conditions, ont été administrés par les mêmes ministères et soumis dans les premières années au même arrêté Morlot, qui les privait de leurs droits et libertés. Pour sortir du camp ou pour recevoir des invités, il fallait demander l’autorisation centrale. Posséder un poste de télévision ou une voiture pour aller travailler c’était un signe de richesse, l’administration centrale pouvait expulser toute la famille entière. Et quand ils manifestaient en 1959 pour demander de meilleures conditions de vie, l’administration centrale leur envoyait 3 escadrons de CRS pour encadrer le camp de Bias et de Sainte-Livrade-sur-Lot. L’administration a ainsi déplacé les rapatriés récalcitrants vers les centres urbains et en particulier à Sarcelles (quartier Lochères), à Ermont dans le Val-d’Oise. A cette époque, ils ont rencontré les mêmes comportements, au mieux méfiants, au pire hostiles, des habitants de cette banlieue. Ils ont connu les mêmes difficultés pour devenir des Français pleinement reconnus dans leurs droits, avec des douleurs souvent transmises d’une génération à l’autre. La Loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d’Algérie anciennement de statut civil de droit local et réparation des préjudices subis par ceux-ci et leurs familles, du fait de l’indignité de leurs conditions d’accueil et de vie dans certaines structures sur le territoire français, a marqué une étape importante et attendue pour notre mémoire collective. La France a enfin reconnu sa responsabilité du fait des conditions indignes de l’accueil sur son territoire d’une partie de sa population, ayant entraîné privations, atteintes aux libertés individuelles, exclusion, souffrances et traumatismes durables. Cette étape nécessaire a encore une fois laissé de côté les familles des rapatriés d’Indochine ayant subi le même sort. Les associations des rapatriés d’Indochine sont intervenues auprès de Mme Mirallès, secrétaire d’Etat auprès du ministres des Armées, chargée des Anciens Combattants et de la Mémoire, pour demander la réparation de l’injustice de traitement qu’ont subi les rapatriés d’Indochine. Mais jusqu’à maintenant, aucune réponse favorable nous est parvenue. Nous avons écrit à tous les groupes de députés et de sénateurs pour leur demander de rédiger un texte de loi identique à celle des Harkis qui a pour objectif de réparer une égalité de traitement et de faire bénéficier les rapatriés d’Indochine de la même reconnaissance et des mêmes réparations que celles accordées il y a 2 ans aux Harkis. Nous tenons à remercier monsieur le Député Olivier Faure qui, après nous avoir reçus et écoutés à l’Assemblée nationale, a accepté de rédiger un nouveau texte de loi pour les rapatriés d’Indochine. Nous demandons à nos concitoyens d’intervenir auprès de leurs députés et sénateurs pour que cette loi puisse être votée en faveur de ces rapatriés qui réclament depuis 1954 un traitement juridique identique afin qu’ils soient reconnus et rétablis dans leurs droits. Je remercie monsieur le Maire de Sarcelles, M. Patrick HADDAD, ainsi que les membres de son conseil municipal, de m’avoir accordé cette intervention au cours de cette journée de commémoration sur la guerre d’Indochine et ses conséquences. Je remercie aussi M. Martial BEAUVILLE, qui s’excuse pour son absence aujourd’hui à cause de son déplacement en Angleterre et qui me permet d’être là pour évoquer avec vous cette histoire douloureuse qu’ont vécue les rapatriés d’Indochine. »
Le CEP-CAFI, dans sa charte en 2005, a inscrit un double objectif : la défense pleine et entière des droits des rapatriés français d’Indochine oubliés par l’Etat et l’édification d’un lieu unique de la mémoire indochinoise au CAFI de Sainte-Livrade-sur-Lot . Après la rénovation du CAFI de 2005 à 2015, le CEP-CAFI a dû se battre pour préserver un petit espace de 1700 m2 dans lequel se trouvent 5 bâtiments anciens en état de délabrement dont 2 ont été rénovés seulement (chapelle et pagode) . Cet espace mémoriel a été acté par la Direction Régionale d’Art et Culture d’Aquitaine (DRAC) comme monument historique en juin 2019. Depuis plusieurs années, les autorités territoriales, faute de trouver des fonds nécessaires à la rénovation de ces 3 bâtiments, les laissent en état de ruine. Pour préserver la mémoire de nos parents rapatriés d’Indochine, le CEP-CAFI a érigé en 2016 le triptyque mémorial sur lequel sont gravés les noms de nos parents arrivés en 1956 au CAFI. C’est notre devoir d’honorer nos mères qui, durant leur séjour dans ce camp, ont sacrifié leur vie entière pour nous afin que nous puissions nous intégrer dans la société française. Notre réussite, nous la devons aux sacrifices de nos mères. Et en 2022, nous avons élaboré le Plan relief représentant les anciens bâtiments et un groupe de mamans en train de travailler. Ce sont les seules traces visibles après la destruction du CAFI et la disparition de nos mères. Mais depuis quelque temps , un grain de sable est venu troubler cette mémoire que nous sommes en train de façonner avec son histoire. Je voudrais parler d’une association, l’UDACVG 47, association militaire qui n’a aucune histoire d’attache avec le CAFI et qui n’a jamais mis le pied au CAFI depuis 1956, s’arroge le droit de s’implanter au CAFI avec la bénédiction d’un membre de la municipalité sous prétexte que celle-ci pourrait trouver des fonds nécessaires pour la rénovation de ces 3 bâtiments restants. Dans son projet, elle veut occuper un bâtiment entier de 500 m2 pour déposer ses archives de guerre de 14-18 , de 39-45. Le CEP-CAFI n’a rien contre les militaires mais ce lieu est un symbole de mémoire à préserver pour honorer nos mères avant tout mais aussi tous ceux qui ont une histoire inscrite dans ce camp. Nos mères ont connu la guerre en quittant le Vietnam, elles ont connu l’occupation par la présence des CRS en voulant seulement demander de meilleures conditions de vie dans ce camp, elles ont subi le décret Morlot en 1959 (décret indigne : interdiction de sortir du camp sans autorisation de l’administration centrale, de posséder un signe de richesse : voiture , télévision…, c’était l’expulsion immédiate de toute la famille ). En plus, l’Etat a confisqué leurs droits en tant que rapatriés d’Indochine en changeant leur statut, puisque le Centre d’Accueil des Rapatriés d’Indochine (CARI) depuis leur arrivée au camp en 1956 est devenu le Centre d’Accueil des Français d’Indochine (CAFI ) avant la première loi sur les rapatriés votée en 1961. Ce glissement sémantique permet à l’État d’ôter toute possibilité à ces rapatriés d’Indochine de se revendiquer comme rapatriés. C’était le premier effacement de la mémoire de nos mères par l’État et nous ne voulons pas que cette mémoire soit volée une seconde fois. Nous demandons à l’UDACVG 47 de retirer son projet et que le comité de pilotage réfléchisse sur le devenir de ce projet mémoriel du CAFI où son histoire ne doit pas être effacée. Anciens enfants et amis du CAFI, mobilisons-nous pour nous opposer à la présence des militaires dans le lieu de mémoire de notre CAFI. Daniel FRECHE, président du CEP-CAFI
Extension de la loi du 22 février 2022 aux rapatriés d’Indochine de Bias, Sainte-Livrade-sur-Lot et de Noyant-sur-Allier. Lors de notre entretien avec les représentants et conseillers de Mme Patricia Mirallès, secrétaire d’Etat chargée des Anciens Combattants et de la Mémoire, le CEP-CAFI a déposé officiellement une requête concernant l’extension de la loi du 23 février 2022 aux rapatriés d’Indochine, loi portant sur la reconnaissance de la Nation et la réparation envers les rapatriés d’Indochine en raison des préjudices subis (mauvaises conditions de vie dans les camps, traumatisme de l’exil et de la relégation ). Celle-ci nous a adressé un courrier expliquant que la loi a été déjà votée et que son extension aux rapatriés d’Indochine ne peut pas se réaliser. Le CEP-CAFI, accompagné de l’association ARENA de Noyant-sur-Allier, se tourne désormais vers les députés qui, seuls, peuvent déposer une nouvelle loi spécifique pour les rapatriés d’Indochine.
Le CEP-CAFI a donc contacté M. Olivier Faure, Eurasien, député du groupe des socialistes, qui a accepté de nous recevoir à l’Assemblée nationale. Après avoir écouté attentivement l’histoire de ces rapatriés français de Bias, de Sainte-Livrade-sur-Lot et de Noyant-sur-Allier, ému et surpris de voir un pan d’histoire de ces rapatriés gommé, il a accepté d’écrire une nouvelle loi pour porter la reconnaissance de la Nation envers ces rapatriés et la réparation en raison des préjudices subis pendant de longues années. Nous tenons à le remercier pour son engagement et sa défense à notre cause. Nous savons que c’est un travail difficile mais nous sommes déterminés à le poursuivre jusqu’au bout . Pour nous il s’agit d’une justice et d’égalité de traitement. Daniel Frèche, président du CEP-CAFI
Après avoir rencontré le secrétaire général Marc Del Grande du CNIH, Commission Nationale Indépendante de reconnaissances et de réparation de La loi du 23 Février 2022 relative au dossier des Rapatriés d’Algérie ) présidé par Mr Jean-Marie Bockel, portant reconnaissance de la nation envers les Harkis et réparation en raison du traumatisme de l’exil et de la relégation , des mauvaises conditions de vie dans les camps , le CEP-CAFI a pu rencontrer Mme la Sénatrice Marie-Pierre Richer, présidente de commission au Sénat pour réclamer l’extension de cette loi aux Rapatriés d’Indochine oubliés par l’Etat depuis leur arrivée en 1956 en France. Pour la sénatrice, cette loi a été votée à l’Assemblée nationale puis au Sénat pour les Harkis et que, pour les Rapatriés d’Indochine , il faudrait créer une autre loi spécifique pour eux. La seule chose qu’elle pourrait faire c’est de nous mettre en relation avec le service du secrétariat du ministère des Armées , des Combattants et des Mémoires , Mme Patricia Mirallès. Nous avons aussitôt adressé un courrier à la Secrétaire d’Etat pour lui solliciter un RDV. Affaire à suivre .
Dans le rapport d’activité de la CNIH ( Commission Nationale Indépendante de Reconnaissances et de Réparation de la loi du 23 février 2022 relative au dossier des Rapatriés d’Algérie ) présidé par M. Jean-Marie Bockel, portant reconnaissance de la nation envers les Harkis et réparation en raison du traumatisme de l’exil et de la relégation, des mauvaises conditions de vie dans les camps, le CNIH suggère que le périmètre de la loi du 23 soit étendu aux supplétifs et/ou aux rapatriés d’Indochine afin qu’ils puissent bénéficier des mêmes droits que les Harkis. Dès que le CEP-CAFI a appris la connaissance de cette nouvelle loi, il a adressé une lettre à monsieur le Président de la République, Emmanuel Macron, réclamant pour les rapatriés de Bias, de Sainte-Livrade-sur-Lot et de Noyant-sur-Allier qui ont vécu les mêmes conditions de vie dans les camps, un traitement juridique identique à celui des Harkis, afin qu’ils soient reconnus et rétablis dans leur droit selon le principe d’équité et d’égalité. En mai 2023, profitant de la discussion en commission de la loi de programmation militaire pour 2024 à 2030, le CEP-CAFI aussitôt a adressé une lettre à Madame Patricia Miralles, secrétaire d’Etat aux rapatriés, aux présidents des groupes de députés et de sénateurs mais aussi aux députés et aux sénateurs qui siègent à cette commission pour leur proposer d’ajouter un amendement consistant à intégrer le même traitement identique à celui des Harkis pour les rapatriés d’Indochine de Bias, de Sainte-Livrade-sur-Lot et de Noyant-sur-Allier. Nous espérons que cette demande sera entendue au plus haut niveau et nous ne manquerons pas de vous informer dès que nous aurons de nouvelles informations . Nous comptons sur votre solidarité et votre soutien pour que la reconnaissance et les réparations, dans le cadre de la loi du 23 février 2022, soient étendues aux rapatriés d’Indochine . PS : je vous adresse en pièce jointe les pages du Rapport rendu public le 15 mai 2023 ainsi que la lettre adressée au président de la République et celle adressée à la secrétaire d’Etat aux Rapatriés, aux députés et aux sénateurs. https://www.rapatries-vietnam.org/actualites/2023-loi-23-fevrier-2022-lettre-secretaire-d-etat.pdf https://www.rapatries-vietnam.org/actualites/2023-loi-23-fevrier-2022-lettre-au-president-republique.pdf https://www.rapatries-vietnam.org/actualites/2023-loi-23-fevrier-2022-rapport-pages-49-50-56-57-140-144-1-2.pdf Amitiés Daniel Frèche
Camp du moulin du Lot- lieu de mémoire STE LIVRADE SUR LOT CEP-CAFI Nous sommes très inquiets du projet des anciens combattants de l’UFACVG 47 qui pensent avoir enfin trouvé un lieu pour mettre en valeur la mémoire des opérations de guerre, des Français civils et militaires et de leurs alliés qui se sont battus ou sont morts pour la France. Les rapatriés d’Indochine du camp du Moulin du Lot ne sont-ils pas des civils ayant travaillé pour la France, des militaires et des veuves de guerres et morts pour la France en Indochine ? Un espace de souvenir devait se situer au sein de ce lieu de mémoire pour rendre hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont servi la France et qui ont vécu plus de 65 ans dans ce camp sans aucune reconnaissance matérielle et morale depuis leur arrivée en 1956. Nous ne tenons pas à polémiquer sur le passé, il nous parait évident que la volonté de faire avancer le dossier du CAFI de la façon la plus humaine possible, en tenant compte de la spécificité de la communauté qui y vit, dans une totale transparence, en encourageant la participation des associations concernées par l’avenir du CAFI centre d’accueil des Français d’Indochine. La mairie, maitre d’ouvrage de ce lieu, pour trouver des financements plus élargis, sans doute, auprès du ministère de la Défense transfère ce projet à des anciens combattants ; à savoir, qu’elle n’a pas cherché les financements pour ces bâtiments, ni actionné le comité de pilotage en place pour concertation, pour le contenant et le contenu. Est-ce que les différentes institutions de l’État qui avaient la charge de ces lieux rempliront leurs obligations ? Si la municipalité de Sainte Livrade sur Lot a procédé à une rénovation des habitats au camp du Moulin du Lot, ce n’est qu’en 2008 avec le chantier de reconstruction du quartier que les enjeux mémoriels ont été pris en compte. Dans le programme de destruction des anciens bâtiments du camp, il a été décidé de conserver cinq bâtiments, quatre barres d’habitations dont un accueillant la chapelle et un morceau d’un des bâtiments centraux accueillant la pagode. Nous en voulons pour preuve : l’arrêté de classement de décembre 2011 suivi d’un arrêté de protection inscription au titre des monuments historiques du 29 juin 2012 pour ces cinq barres. Deux de ces cinq barres ont fait l’objet de réhabilitation par le cabinet d’architecture Thouin et Monsieur Paul Vo Van : il s’agit du bâtiment abritant la pagode et l’une des anciennes barres d’habitation qui abrite une église et, désormais, une salle de fête ou d’exposition pour les festivités 15 août pour un coût environ 800 000 Euros. Une partie des espaces verts autour de ces bâtiments a été réaménagée pour accueillir des monuments mémoriaux, monuments aux morts de la guerre d’Indochine où se tient tous les ans, le 8 juin, une cérémonie officielle et une statue de la vierge Marie rapportée d’Indochine par un père missionnaire. Constatant que la municipalité ne manifeste aucun intérêt pour conserver la mémoire de ce camp, l’association CEP-CAFI sur ses fonds propres a érigé en 2016 : - un triptyque de 3 stèles avec les noms des 300 familles hébergés depuis 1956, - un Plan- relief avec 36 bâtiments de la poudrerie et des personnages Indochinois, oeuvre de François DIDIER main, nous trouvons scandaleux que le lieu de mémoire qui est placé sous le signe de la reconnaissance aux rapatriés d’Indochine soit attribué aux anciens combattants sans concertation au préalable avec les associations et les habitants du Camp du moulin du Lot, l’idée est bonne, mais n’a pas sa place dans le CAFI. C’est un détournement de la destination, c’est une manière de balayer notre histoire. Nous avons toujours un projet spécifique pour ce lieu correspondant à son histoire, sa mémoire ; un projet dont le contenu est clairement défini, alliant les préoccupations culturelles et scientifiques. Le projet comprend l’élaboration d’une muséographie fondée sur des thématiques différentes s’appuyant des collectes de matériaux variés : 6000 livres, des films et des photographies et qui n’attendent qu’un muséographe et autres spécialistes présenter concrètement et de façon pérenne cette mémoire. Sur le plan juridique, nous avons adressé des courriers à Monsieur le Préfet d’AGEN, à l’ONACVG et assisté à la réunion du 10 février 2022 ou nous avons réclamé des éclaircissements et la réactivation de l’ancien comité de pilotage. Pour faire valoir nos oppositions à ce projet indigne et cruel et violent, nous avons besoin de l’aide de tous et surtout de vous. Chers amis du CAFI, adhérez à notre cause et faites le savoir en nous écrivant ? Sur le site ou par mail. Merci. Sachant que les associations du CAFI, l’Arac: Patrick Fernand et l’AACI : Mathieu SAME L’association Art et Culture Indochinoise partagent notre combat Cordialement Nina Monsieur Freche Daniel Président du CEP-CAFI Madame Douart Sinnouretty Vice-Présidente du CEP-CAFI Vice-Présidente du comité de Mémoire de l’Indochine SITE INTERNET rapatries-vietnam.org CAFI.47.COM CAFI-MEMOIRES et HISTOIRES
Lettre au Préfet
Collectif des Eurasiens pour la Préservation du Cafi 25 rue de Vauvenargues, 75018 Paris Paris, le 24/02/2023 A l’attention de Monsieur le Préfet Place de Verdun – 47920 Agen Objet : Demande de rendez-vous Dossier CAFI/LIEU de MEMOIRE Sainte -Livrade sur Lot
Monsieur le Préfet, Nous avons reçu une convocation de la municipalité de Sainte Livrade-sur–Lot au sujet d’une réunion de travail, devant se tenir le 10 février 2023, au siège de l’Union Fédérale des Anciens Combattants et victimes de guerre du Lot-et-Garonne – 7, place de Verdun à Temple sur lot, à propos d’un projet mémoriel. Deux de nos représentants du CEP-CAFI ont assisté à cette réunion et, fort surpris de son objet ont suggéré qu’à ce projet qui est plutôt celui d’un musée de la guerre, de réactiver le comité de pilotage pour revenir sur la question mémorielle au CAFI, qui est sous tutelle de la Drac et de la Préfecture d’AGEN. Nous tenons à souligner que selon l’arrêté préfectoral du Lot-et-Garonne du 29 juin 2012 et celui de la DRAC portant inscription au Titre des Monuments Historiques le camp du Moulin du Lot (copie en annexe) et l’arrêté du 11 janvier 2008 de l’ANRU ‘(Agence Nationale de la Rénovation Urbaine), au vu de la convention signée : – le Cafi demeure le dernier site en France ayant reçu des rapatriés d’Indochine à partir de 1956 ; le dernier point de chute, également, de tous ceux qui ne pouvaient prétendre à un reclassement. Ainsi, il devient un lieu symbolique et un lieu unique de la mémoire indochinoise. De ce fait, dans le cadre budgétaire de l’ANRU, des travaux de rénovation et de mise en sécurité ont été réalisés pour les deux lieux de culte : église et pagode. Et il était également prévu de créer, à proximité de ces équipements cultuels, dans les bâtiments sauvegardés, un espace de mémoire pour consacrer le Cafi comme lieu unique. Cette partie mémorielle n’a pas encore été réalisée faute de financements. Par ailleurs, nous attirons votre attention sur le fait que le Cafi, est inscrit depuis le 12 décembre 2012 au label « Pays Art et Histoire du Grand Villeneuvois ». Les cinq bâtiments sauvegardés figurent ainsi dans le patrimoine architectural et culturel de la région. Depuis 2013, la cité d’accueil de Ste Livrade-sur-Lot a été en grande partie détruite pour laisser place à des logements HLM. Les résidents des anciens baraquements ont ainsi bénéficié de logements aux normes de sécurité et sont rentrés dans le droit commun. Au vu du projet présenté par la municipalité et l’association : « Union Fédérale des Anciens Combattants et victimes de guerre du Lot et Garonne », qui est très éloigné de la question de la mémoire indochinoise, nous nous inquiétons de ce que le lieu de mémoire qui était une des conditions de la rénovation disparaisse dans une problématique plus large et exclusivement militaire, au risque de l’oubli de ces lieux. Dans l’attente de la rénovation de ces bâtiments en grande dégradation, faute d’entretien, notre association a alerté, le 1er août 2021, Monsieur Gonzales, chef de l’UDAP du Lot-et-garonne et Architecte des Bâtiments de France. Celui-ci a estimé urgent de faire figurer le CAFI sur les programmations prioritaires de 2022-2024. Il a manifesté une attention soutenue, suggérant une dérogation pour faire avancer le projet au plus tôt (artL1111-10-3 du CGCT). Nous souhaitons ajouter qu’à aucun moment, nous n’avons senti le soutien de la part des responsables du projet lieu de mémoire, c’est-à-dire : la mairie, les comités de pilotage et scientifique. Leur posture, depuis plusieurs années, donne à penser qu’ils ne font pas leur ce projet, en tout cas, qu’ils n’en ont pas fait un enjeu pour la commune. En effet, depuis 2015, personne n’a fait la moindre allusion à l’état de ces bâtiments, à leur devenir, leur entretien. A nos questions sur les travaux, nous recevons pour toute réponse de la part de la municipalité qu’il n’y a pas de financements actuels envisagés, mais que, peut-être, après 2028, ce dossier sera étudié. Or, nous pensons que l’état de délabrement des bâtiments ne saurait attendre encore cinq ans. Et nous nous permettons de réitérer notre interrogation et surprise quant à l’idée d’installer un « musée de la guerre » dans un lieu initialement dédié aux mémoires de la poudrerie et de l’histoire de l’Indochine française. Le projet proposé par l’association UFAC est peut-être intéressant, mais son objet débordant largement le cadre du CAFI, il nous semble difficile de lui trouver place au sein des bâtiments du CAFI, l’objectif patrimonial des lieux en serait, selon nous, détourné. En vertu de l’implication et de la compétence de la préfecture dans les opérations liées au CAFi et au lieu de mémoire, nous sollicitons de votre bienveillance, un rendez-vous pour évoquer plus en détails avec vous cette question qui nous tient fortement à cœur. Sachant que votre agenda est lourdement chargé, vous est-il possible de nous proposer un créneau avant le 16 mars 2023, date à laquelle est prévue une nouvelle réunion organisée par la municipalité livradaise et l’association des anciens combattants du Lot-et-Garonne. En vous remerciant à l’avance de l’attention que vous portez à notre histoire et à notre requête, et dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le préfet, en nos sentiments les plus respectueux. Pour la CEP CAFI, Daniel Frêche, le président Nina Sinnouretty-Douart, vice présidente
Hommage aux rapatries d’Indochine au coup de force des Japonais du 9 mars 1945
Producteur de pruneaux d’Agen, ex-résident du CAFI, vend en direct pruneaux au kilo. Tous les amis du CAFI sont les bienvenus. Envoi par Colissimo. Contact : aub47@wanadoo.fr, 06 38 55 48 80.
Cette timeline (calendrier comportant les principaux événements concernant le C.A.R.I. puis le C.A.F.I.) vous permettra de mieux connaître ces rapatriés d’Indochine qui ont vécu de1956 à nos jours dans ce centre d’accueil, qui devait être provisoire à l’origine. Quelques conseils avant d’appuyer sur le lien.
Cliquez sur la flèche noire à droite pour faire défiler la timeline dans le bon sens. Pour revenir, appuyer sur la flèche de gauche. Vous pouvez lire les vidéos en cliquant sur la flèche située sur l’image de la vidéo. Pour le PDF sur le projet du lieu de mémoire, cliquez sur l’illustration et faites dérouler le PDF avec le roller de la souris ou avec le curseur. Bonne découverte.