Opposition à la création d’un Musée de la guerre au CAFI de Sainte-Livrade-sur-Lot

Camp du moulin du Lot- lieu de mémoire
STE LIVRADE SUR LOT
CEP-CAFI
Nous sommes très inquiets du projet des anciens combattants de l’UFACVG 47 qui pensent avoir enfin trouvé un lieu pour mettre en valeur la mémoire des opérations de guerre, des Français civils et militaires et de leurs alliés qui se sont battus ou sont morts pour la France.
Les rapatriés d’Indochine du camp du Moulin du Lot ne sont-ils pas des civils ayant travaillé pour la France, des militaires et des veuves de guerres et morts pour la France en Indochine ?
Un espace de souvenir devait se situer au sein de ce lieu de mémoire pour rendre hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont servi la France et qui ont vécu plus de 65 ans dans ce camp sans aucune reconnaissance matérielle et morale depuis leur arrivée en 1956.
Nous ne tenons pas à polémiquer sur le passé, il nous parait évident que la volonté de faire avancer le dossier du CAFI de la façon la plus humaine possible, en tenant compte de la spécificité de la communauté qui y vit, dans une totale transparence, en encourageant la participation des associations concernées par l’avenir du CAFI centre d’accueil des Français d’Indochine.
La mairie, maitre d’ouvrage de ce lieu, pour trouver des financements plus élargis, sans doute, auprès du ministère de la Défense transfère ce projet à des anciens combattants ; à savoir, qu’elle n’a pas cherché les financements pour ces bâtiments, ni actionné le comité de pilotage en place pour concertation, pour le contenant et le contenu.
Est-ce que les différentes institutions de l’État qui avaient la charge de ces lieux rempliront leurs obligations ?
Si la municipalité de Sainte Livrade sur Lot a procédé à une rénovation des habitats au camp du Moulin du Lot, ce n’est qu’en 2008 avec le chantier de reconstruction du quartier que les enjeux mémoriels ont été pris en compte. Dans le programme de destruction des anciens bâtiments du camp, il a été décidé de conserver cinq bâtiments, quatre barres d’habitations dont un accueillant la chapelle et un morceau d’un des bâtiments centraux accueillant la pagode.
Nous en voulons pour preuve : l’arrêté de classement de décembre 2011 suivi d’un arrêté de protection inscription au titre des monuments historiques du 29 juin 2012 pour ces cinq barres.
Deux de ces cinq barres ont fait l’objet de réhabilitation par le cabinet d’architecture Thouin et Monsieur Paul Vo Van : il s’agit du bâtiment abritant la pagode et l’une des anciennes barres d’habitation qui abrite une église et, désormais, une salle de fête ou d’exposition pour les festivités 15 août pour un coût environ 800 000 Euros.
Une partie des espaces verts autour de ces bâtiments a été réaménagée pour accueillir des monuments mémoriaux, monuments aux morts de la guerre d’Indochine où se tient tous les ans, le 8 juin, une cérémonie officielle et une statue de la vierge Marie rapportée d’Indochine par un père missionnaire.
Constatant que la municipalité ne manifeste aucun intérêt pour conserver la mémoire de ce camp, l’association CEP-CAFI sur ses fonds propres a érigé en 2016 :
-     un triptyque de 3 stèles avec les noms des 300 familles hébergés depuis 1956,
-     un Plan- relief avec 36 bâtiments de la poudrerie et des personnages Indochinois, oeuvre de François DIDIER main, nous trouvons scandaleux que le lieu de mémoire qui est placé sous le signe de la reconnaissance aux rapatriés d’Indochine soit attribué aux anciens combattants sans concertation au préalable avec les associations et les habitants du Camp du moulin du Lot, l’idée est bonne, mais n’a pas sa place dans le CAFI. C’est un détournement de la destination, c’est une manière de balayer notre histoire. Nous avons toujours un projet spécifique pour ce lieu correspondant à son histoire, sa mémoire ; un projet dont le contenu est clairement défini, alliant les préoccupations culturelles et scientifiques. Le projet comprend l’élaboration d’une muséographie fondée sur des thématiques différentes s’appuyant des collectes de matériaux variés : 6000 livres, des films et des photographies et qui n’attendent qu’un muséographe et autres spécialistes présenter concrètement et de façon pérenne cette mémoire.
Sur le plan juridique, nous avons adressé des courriers à Monsieur le Préfet d’AGEN, à l’ONACVG et assisté à la réunion du 10 février 2022 ou nous avons réclamé des éclaircissements et la réactivation de l’ancien comité de pilotage.
Pour faire valoir nos oppositions à ce projet indigne et cruel et violent, nous avons besoin de l’aide de tous et surtout de vous.
Chers amis du CAFI, adhérez à notre cause et faites le savoir en nous écrivant ? Sur le site ou par mail. Merci.
Sachant que les associations du CAFI, l’Arac: Patrick Fernand et l’AACI : Mathieu SAME L’association Art et Culture Indochinoise partagent notre combat
Cordialement
Nina
Monsieur Freche Daniel
Président du CEP-CAFI
Madame Douart Sinnouretty
Vice-Présidente du CEP-CAFI
Vice-Présidente du comité de Mémoire de l’Indochine
SITE INTERNET
rapatries-vietnam.org
CAFI.47.COM
CAFI-MEMOIRES et HISTOIRES

Lettre au Préfet

Collectif des Eurasiens pour la Préservation du Cafi
25 rue de Vauvenargues, 75018 Paris
Paris, le 24/02/2023
A l’attention de Monsieur le Préfet
Place de Verdun – 47920 Agen
Objet : Demande de rendez-vous
Dossier CAFI/LIEU de MEMOIRE
Sainte -Livrade sur Lot

Monsieur le Préfet,
Nous avons reçu une convocation de la municipalité de Sainte Livrade-sur–Lot au sujet d’une réunion de travail, devant se tenir le 10 février 2023, au siège de l’Union Fédérale des Anciens Combattants et victimes de guerre du Lot-et-Garonne – 7, place de Verdun à Temple sur lot, à propos d’un projet mémoriel.
Deux de nos représentants du CEP-CAFI ont assisté à cette réunion et, fort surpris de son objet ont suggéré qu’à ce projet qui est plutôt celui d’un musée de la guerre, de réactiver le comité de pilotage pour revenir sur la question mémorielle au CAFI, qui est sous tutelle de la Drac et de la Préfecture d’AGEN.
Nous tenons à souligner que selon l’arrêté préfectoral du Lot-et-Garonne du 29 juin 2012 et celui de la DRAC portant inscription au Titre des Monuments Historiques le camp du Moulin du Lot (copie en annexe) et l’arrêté du 11 janvier 2008 de l’ANRU ‘(Agence Nationale de la Rénovation Urbaine), au vu de la convention signée :
– le Cafi demeure le dernier site en France ayant reçu des rapatriés d’Indochine à partir de 1956 ; le dernier point de chute, également, de tous ceux qui ne pouvaient prétendre à un reclassement. Ainsi, il devient un lieu symbolique et un lieu unique de la mémoire indochinoise. De ce fait, dans le cadre budgétaire de l’ANRU, des travaux de rénovation et de mise en sécurité ont été réalisés pour les deux lieux de culte : église et pagode. Et il était également prévu de créer, à proximité de ces équipements cultuels, dans les bâtiments sauvegardés, un espace de mémoire pour consacrer le Cafi comme lieu unique. Cette partie mémorielle n’a pas encore été réalisée faute de financements.
Par ailleurs, nous attirons votre attention sur le fait que le Cafi, est inscrit depuis le 12 décembre 2012 au label « Pays Art et Histoire du Grand Villeneuvois ». Les cinq bâtiments sauvegardés figurent ainsi dans le patrimoine architectural et culturel de la région.
Depuis 2013, la cité d’accueil de Ste Livrade-sur-Lot a été en grande partie détruite pour laisser place à des logements HLM. Les résidents des anciens baraquements ont ainsi bénéficié de logements aux normes de sécurité et sont rentrés dans le droit commun.
Au vu du projet présenté par la municipalité et l’association :  « Union Fédérale des Anciens Combattants et victimes de guerre du Lot et Garonne », qui est très éloigné de la question de la mémoire indochinoise, nous nous inquiétons de ce que le lieu de mémoire qui était une des conditions de la rénovation disparaisse dans une problématique plus large et exclusivement militaire, au risque de l’oubli de ces lieux.
Dans l’attente de la rénovation de ces bâtiments en grande dégradation, faute d’entretien, notre association a alerté, le 1er août 2021, Monsieur Gonzales, chef de l’UDAP du Lot-et-garonne et Architecte des Bâtiments de France. Celui-ci a estimé urgent de faire figurer le CAFI sur les programmations prioritaires de 2022-2024. Il a manifesté une attention soutenue, suggérant une dérogation pour faire avancer le projet au plus tôt (artL1111-10-3 du CGCT).
Nous souhaitons ajouter qu’à aucun moment, nous n’avons senti le soutien de la part des responsables du projet lieu de mémoire, c’est-à-dire : la mairie, les comités de pilotage et scientifique. Leur posture, depuis plusieurs années, donne à penser qu’ils ne font pas leur ce projet, en tout cas, qu’ils n’en ont pas fait un enjeu pour la commune. En effet, depuis 2015, personne n’a fait la moindre allusion à l’état de ces bâtiments, à leur devenir, leur entretien. A nos questions sur les travaux, nous recevons pour toute réponse de la part de la municipalité qu’il n’y a pas de financements actuels envisagés, mais que, peut-être, après 2028, ce dossier sera étudié. Or, nous pensons que l’état de délabrement des bâtiments ne saurait attendre encore cinq ans.
Et nous nous permettons de réitérer notre interrogation et surprise quant à l’idée d’installer un « musée de la guerre » dans un lieu initialement dédié aux mémoires de la poudrerie et de l’histoire de l’Indochine française. Le projet proposé par l’association UFAC est peut-être intéressant, mais son objet débordant largement le cadre du CAFI, il nous semble difficile de lui trouver place au sein des bâtiments du CAFI, l’objectif patrimonial des lieux en serait, selon nous, détourné.
En vertu de l’implication et de la compétence de la préfecture dans les opérations liées au CAFi et au lieu de mémoire, nous sollicitons de votre bienveillance, un rendez-vous pour évoquer plus en détails avec vous cette question qui nous tient fortement à cœur. Sachant que votre agenda est lourdement chargé, vous est-il possible de nous proposer un créneau avant le 16 mars 2023, date à laquelle est prévue une nouvelle réunion organisée par la municipalité livradaise et l’association des anciens combattants du Lot-et-Garonne.
En vous remerciant à l’avance de l’attention que vous portez à notre histoire et à notre requête, et dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le préfet, en nos sentiments les plus respectueux.
Pour la CEP CAFI,
Daniel Frêche, le président
Nina Sinnouretty-Douart, vice présidente

Hommage aux rapatries d’Indochine au coup de force des Japonais du 9 mars 1945

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