La pagode du culte aux Génies (Lên dông)

A Sainte-Livrade, chacun a reconstitué son « coin d’Asie », une parcelle du passé perdu. Ainsi, non loin de la chapelle catholique, une pagode a été aménagée par les bouddhistes du C.A.F.I. Adeptes d’un bouddhisme hétérodoxe, des femmes y perpétuent le culte aux Génies du Nord-Viêtnam, un culte vietnamien de possession (Lên dông). Un rite unique en Europe. La fréquentation de la pagode était à son apogée de 1956 aux années 1975-1980. Elle a ensuite décliné suite à la disparition et au vieillissement des Ba Dong. La pagode est actuellement inutilisée et est dans un état de délabrement. Sa rénovation sera terminée au printemps 2014 et la pagode fera partie intégrante du lieu de mémoire du camp.

A l’intérieur de la pagode se trouvent le temple des Génies des Quatre-Palais, son Panthéon et ses représentations. Une Ba Dong (servante des Génies) offre une cérémonie où s’incarnent les différents Génies. Un plateau d’offrandes aux âmes errantes est préparé, les vêtements des Génies que revêtira la Ba Dong sont repassés.

Les fidèles en prière. Au premier rang, de gauche à droite : Mmes Kasparian, Tam, Gaye, Guermier, Chalumeau, Ty ; deuxième rang, de gauche à droite : maman de Mme Crasbercu, ????, Chau, Lecrenn, Sassi, Lay, Le Van Ra, mémé Rubillais ; troisième rang, de gauche à droite :  Mmes Parquier, ????, mémé Henri, Guyon de Chemilly, Pataki ;  quatrième rang, de gauche à droite : Mmes Gervais, Guène, Diop, Martin, Savary, ???? ; au fond : MM Lamy (assis), Lecoury, Mme Gaspard, mémé Lejeune.

Les fidèles en prière. Au premier rang, de gauche à droite : Mmes Kasparian, Tam, Gaye, Guermier, Chalumeau, Ty ; deuxième rang, de gauche à droite : maman de Mme Crasbercu, ????, Chau, Lecrenn, Sassi, Lay, Le Van Ra, mémé Rubillais ; troisième rang, de gauche à droite : Mmes Parquier, ????, mémé Henri, Guyon de Chemilly, Pataki ; quatrième rang, de gauche à droite : Mmes Gervais, Guène, Diop, Martin, Savary, ???? ; au fond : MM Lamy (assis), Lecoury, Mme Gaspard, mémé Lejeune.

En prière et se cachant le visage sous le voile rouge de la prise de possession, la Ba Dong est tour à tour possédée par plusieurs Génies. Au second plan, on reconnaît Mmes Martin, Revue, Isnard. © Gluntz

En prière et se cachant le visage sous le voile rouge de la prise de possession, la Ba Dong est tour à tour possédée par plusieurs Génies. Au second plan, on reconnaît Mmes Martin, Revue, Isnard. © Gluntz

La pratique consiste à organiser des cérémonies pendant lesquelles les Génies seront sollicités pour qu’ils s’incarnent. La pratiquante est alors possédée par l’esprit qu’elle invoque. Pendant toute la cérémonie, le public, composé d’autres invités, pratiquants et adeptes, participe à plusieurs niveaux. Il contemple la venue des divinités, les vénère, leur fait des offrandes, dialogue avec elles pour solliciter la sérénité dans la vie (situation familiale, santé, prospérité…) et, éventuellement, une divination à propos d’une question plus concrète. Les Génies descendent un par un, en la personne qui sert, sollicités par les musiciens et les acolytes. Chacun des Génies siège, donne des conseils, officie, exprime en quelques minutes les traits les plus marqués de son caractère, de sa vie ou de son histoire… puis s’en va pour permettre à un autre génie d’apparaître…
La Ba Dong habillée par les pratiquantes. Les musiciens sont à l'arrière-plan. © Gluntz

La Ba Dong habillée par les pratiquantes. Les musiciens sont à l’arrière-plan. © Gluntz

Les musiciens chantent des louanges aux divinités, les invitent à venir, décrivent leur vie avec leurs pouvoirs et leur générosité, chantent également l’obéissance du public pratiquant. Ils chantent surtout au nom de la personne qui sert, qui a organisé la cérémonie à la gloire des Génies. Chaque divinité a sa propre musique et son texte particulier, aucune erreur ne doit être commise, aucune parole ne doit être mal placée, pour le bien-être des divinités, du public, du temple et de la personne qui sert.
Le reportage papier, Un coin d’Asie sur une terre française (4 pages), que vous allez lire, date de 1963. Il a été réalisé grâce aux travaux de Pierre-Jean Simon et Ida Simon-Barouh, chercheurs au CNRS, qui ont séjourné pendant plusieurs mois au C.A.F.I. cette année-là. Ils ont aussi tourné un documentaire de 52 minutes sur le culte des Génies. Vous pouvez regarder un extrait de 15 mn de ce film à la rubrique «La presse et le C.A.F.I.».
Cliquez sur le lien ci-dessous pour voir le PDF de 4 pages de l’article : https://cafi47.files.wordpress.com/2013/10/pagode1.pdf

L’évolution du camp, de 1956 à 1986

Un exposé de 4 pages écrit par la direction du camp qui raconte l’histoire du Centre d’accueil des Français d’Indochine, de l’arrivée des rapatriés en 1956 jusqu’en 1986, date de ce document (cliquez sur les photos pour les agrandir).

« Qui habitait dans ce bâtiment ? »
Tout d’abord, pour vous repérer aisément, une vue aérienne du camp avec tous les bâtiments numérotés, l’église, la pagode, les épiceries et les bâtiments détruits (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Vue aérienne
Nous allons maintenant vous présenter, bâtiment par bâtiment (de A à Z), le nom de chaque famille qui y habitait. Beaucoup de rapatriés ont déménagé, non seulement en dehors du camp mais aussi à l’intérieur même du centre d’accueil. Cette liste est donc seulement un instantané de la population du camp en 1973 (toutes les photos appartiennent à la CEP).

Vieille dame et son chien

Vieille dame et son chien

Le C.A.F.I., en 1975, aurait pu accueillir des «boat people»

Officiellement la guerre du Viêt Nam s’est terminée avec les accords de Paris en 1973 signés entre les États-Unis et la République démocratique du Viêt Nam (Nord Viêt Nam), la République du Viêt Nam (Sud Viêt Nam) et le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud Viêt Nam formé par le Front national de libération (Viêt Cong). Ces accords permettaient aux troupes américaines de se retirer du pays. Officieusement la guerre continua jusqu’au 30 avril 1975 avec la prise de Saigon par les Nord-Vietnamiens.

Les espoirs de paix, après dix ans de guerre, ne sont pas à l’ordre du jour. Depuis la récente réunification du Viêtnam, des milliers de Vietnamiens tentent de fuir leur pays. C’est la répression menée par le régime communiste de Saigon qui les pousse à s’entasser dans des bateaux et à quitter le pays depuis le port de Haiphong. Surnommés les « boat people », ces hommes, femmes et enfants qui ne savent pas où aller, vivent à bord dans des conditions de sécurité et d’hygiène précaires.
La recherche d’un meilleur niveau de vie, l’aspiration à la liberté et à l’instruction pour les enfants sont déterminants dans la décision de partir. Le voyage conduit les plus nombreux dans les camps gérés par le HCR avant d’être accueillis par un pays occidental.

Le Dr Daoulas, médecin militaire du CAFI

Le Dr Daoulas, médecin militaire du CAFI

C’est dans ce contexte que, en 1975, le docteur Daoulas, médecin militaire du camp de Sainte-Livrade, proposa aux diverses autorités et personnalités de recueillir des « boat people » au C.A.F.I. Pour lui, il n’y a pas actuellement (nous sommes en 1975) un endroit en France plus apte à réchauffer le cœur de ceux qui ont souffert et qui continuent de souffrir. Le C.A.F.I., bien que vétuste et offrant des conditions d’habitat assez précaires, pourrait recevoir, en plus de ses habitants actuels, 500 réfugiés du Viêt Nam.
Il s’est ensuivi une longue correspondance avec des personnalités, des associations, des représentants de l’Etat. Nous remercions madame Daoulas et ses enfants qui nous ont fourni ces documents que nous mettons à votre disposition. Ils sont classés par ordre chronologique (cliquez sur ce lien pour voir le PDF de 16 pages de correspondances).
Voici les quelques réponses que le docteur Daoulas a reçues (cliquez sur ce lien pour voir le PDF de 5 pages de réponses).
Comme vous le savez, il n’y a pas eu de suites et aucun « boat people » n’est arrivé dans le Lot-et-Garonne.

Manifestation du 20 novembre 2004 : les raisons de la colère

Avant la manifestation des habitants du C.A.F.I. dans les rues de la commune et devant la mairie, les associations du centre d’accueil ont distribués ce tract à l’intention de tous les Livradais pour leur expliquer la raison de leur mécontentement.


Le 20 novembre 2004, pour la première fois depuis leur arrivée en 1956, les Français d’Indochine manifestent leur mécontentement dans les rues de Sainte-Livrade. Ils protestent contre la démolition programmée du C.A.F.I. et sa réhabilitation.
Cette vidéo de 1 heure montre la manifestation dans les rues de la ville et devant l’hôtel de ville. Les manifestants sont ensuite reçus par le maire et le conseil municipal. Ils ont pu exprimer de vive voix leur hostilité et leur méfiance vis-a-vis de ce projet. Question et réponses de la part des deux parties…

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Cimade : son rôle, ce qu’elle a fait au C.A.R.I. puis au C.A.F.I.

Pour les plus jeunes qui n’ont pas connu les activités de la Cimade au camp (de 1966 à 1972), nous leur conseillons de parcourir ce PDF (cliquez ici) de 22 pages qui résume son travail durant ces quelques années.

FAVORISER L’INTÉGRATION

Lorsque les équipières de La Cimade s’installent à Sainte-Livrade, en 1966, elles ont affaire essentiellement aux 380 jeunes de la cité d’accueil, qui ont grandi au camp. Elles sont hébergées elles-mêmes au Centre d’Accueil. L’intervention de la Cimade a pour but de faciliter les relations entre la ville de Sainte-Livrade-sur-Lot et la communauté et de favoriser l’intégration de la population, surtout les jeunes, dans la vie sociale et économique. Une étude s’ouvre pour le rattrapage scolaire, qui permet de remplacer l’aide des mères, dont la plupart ne parlent pas le français : des cours d’alphabétisation sont organisés à leur intention. Des activités culturelles et artistiques ont lieu le jeudi. Mais l’objectif principal est la mise en relation avec l’extérieur : sorties, visites, camps de ski ou d’été…

« Nous faire sortir du C.A.F.I. : c’était cela, leur objectif, aux monitrices de la Cimade, les deux Geneviève, Rachel l’Anglaise et Trineke la Hollandaise… Elles nous envoyaient en vacances… Au début, on ne comprenait pas, ce n’était pas évident de quitter nos parents… Mais finalement, cela nous plaisait bien, nous allions en vacances dans des familles qui nous emmenaient à la mer », nous apprend une résidente du Centre d’Accueil des Français d’Indochine (C.A.F.I.).

Les Amérasiens, nos « jumeaux d’Amérique »

Le sort des milliers d’Amérasiens est l’un des tragiques héritages de la guerre du Vietnam. A cette époque, les mariages et les relations amoureuses ou tarifées entre soldats américains et femmes vietnamiennes étaient courants. Lorsque les Américains rentraient au pays, beaucoup abandonnaient épouses ou maîtresses, les laissant élever des enfants métis dans une société peu tolérante vis-à-vis des mélanges raciaux.

Après la réunification, ces Amérasiens, rappel vivant de la présence américaine, ont souvent été maltraités, voire abandonnés et laissés à la rue. Surnommés “enfants de la poussière», ils n’avaient pas accès à l’éducation et ne pouvaient trouver un travail. Le programme de départ (Orderly Departure Programme – ODP) a été créé à la fin des années 1980 pour permettre l’installation en Occident (princimalement aux Etats-Unis) des Amérasiens ou des réfugiés politiques qui auraient sinon tenté de fuir par terre ou par mer.

Pour comprendre l’histoire de ces Amérasiens, cliquez sur ce lien.

En France, un reportage, «Les Enfants de la honte», et un film de Rachid Bouchareb, «Poussières de vie», leur ont été consacrés.

1) «Les Enfants de la honte» (reportage de Denis Vincenti, Patrick Schmitt, 1989, 46 minutes, émission «52» sur la Une) est avant tout une histoire humaine.
Nous sommes en 1988. Il y a 13 ans que les américains ont quitté en catastrophe le Vietnam, poussés dehors par des Vietminhs, impatients de prendre en main la destinée de leur pays. Les Américains de Nixon vont s’échapper du Vietnam en laissant derrière eux des casernes, du matériel, une culture yankee, mais aussi des enfants, fruits d’unions furtives entre des militaires américains et de jeunes vietnamiennes. Ces jeunes gens avaient comme particularité d’avoir une couleur de peau différente de celle des autres enfants vietnamiens. Certains étaient noirs, d’autres étaient blancs, ils n’étaient pas allés à l’école et pourtant, certains d’entre eux parlaient même l’américain. Ces enfants étaient le témoignage d’une sale guerre, la guerre du Vietnam ; ils portaient sur eux le visage de la collaboration, c’étaient « des enfants de la honte ».

2) «Poussières de vie». Personne n’avait traité ce thème avant le film de Rachid Bouchareb.

Ce film a fait sensation à sa sortie et remporté un joli succès d’estime en France et aux États-Unis. Lors de sa sortie, Rachid Bouchareb avait livré une interview intéressante à Libération expliquant la génèse du film : «Un soir, à la télévision, je suis tombé sur Les Enfants de la honte, un reportage qui parlait des Amérasiens du Viêtnam aujourd’hui : certains de ces enfants laissés par les GI réussissaient à partir pour les Etats-Unis, d’autres vivaient dans l’attente d’un père ou d’une issue pour sortir du pays. Malgré l’accord de « rapatriement » qui a été négocié en leur faveur en 1986, ils sont encore 5 000 sur place. J’avais été particulièrement frappé par l’un d’entre eux: Raymond, le fils d’un Afro-Américain, qui avait connu son père et qui enseignait l’anglais aux autres… J’ai rencontré les journalistes, j’ai commencé à lire ce que je trouvais sur ce sujet et j’ai découvert la Colline de Fanta, de Duyen Anh, ce témoignage sur les camps dans lesquels on expédiait les gamins raflés dans les rues.»

Témoignage de Rémy Gastambide, Amérasien
Rémy GastambideNé le 1er janvier 1969, à Saïgon (Sud Vietnam), pendant la guerre (1965-1975), d’une relation entre un soldat noir américain et une femme vietnamienne, Rémy Bac Ai a été adopté par un couple franco-suisse, les Gastambide, et a été élevé à Reims. Après des études supérieures de dessin académique et d’illustration à Paris (ESAG Penninghen) puis à Londres (Kingston Polytechnics), Rémy s’est tourné vers la photographie documentaire.

Aujourd’hui, Rémy Bac Ai s’oriente à nouveau vers le dessin et la peinture, « ses premiers amours ». Choisissant le thème du bouddhisme. Il explore les fondements de sa foi profonde en cette « philosophie », livrant les fruits de sa propre expérience dans cette voie religieuse, qu’il a suivie, étant plus jeune, sous la guidance du moine vietnamien Thich Nhat Hanh.

« Je m’appelle Rémy Gastambide. Je suis né au Vietnam, pendant la guerre, d’une relation entre un soldat noir américain et une femme vietnamienne, tous les deux inconnus. Les Amérasiens sont les enfants métis nés durant la guerre américaine au Vietnam (1965-1975). Appelés « enfants mélangés » (Con Lai), ou plus communément, « Poussière de vie » (Bui Doi) par les Vietnamiens et oubliés de leur père américain (s’il n’est pas déjà mort… ), ils mènent une existence très dure comme parias de la société vietnamienne. Leur mère vietnamienne, pour ceux qui l’ont toujours, a souvent honte du regard de ses compatriotes, et est parfois prise pour une « fille facile », ou une ancienne prostituée.
Les métis qui ont eu l’infortune d’être nés noirs souffrent encore plus. Tout comme leur père de couleur dans l’armée US, ils sont victimes de la haine xénophobe. Ils espèrent tous pouvoir un jour aller aux Etats-Unis rejoindre ce père qu’ils idéalisent. Un rêve utopique d’une vie meilleure dans ce pays qui a été si cruel vis-à-vis de leurs ancêtres d’Afrique. Le pays de leurs rêves deviendra peut-être pour eux un vrai cauchemar.
Je suis retourné au Viêtnam pour la première fois en 1991. J’ai pu constater la déconsidération dont beaucoup de ces enfants, devenus de jeunes adultes, font l’objet. Je ressens l’amertume, la rage de cette indicible détresse. Je comprends leur « honte de vivre ». J’ai voulu mener cet essai photographique portraitiste dans un esprit de compassion. Ce travail représente mon combat contre l’oubli et le chagrin ; il m’aide quant à la recherche de mes racines. Je me sens le porte-parole de ces Amérasiens qui me voient comme « l’un des leurs ». Nous, Amérasiens, appartenons à l’histoire de cette guerre par laquelle nous sommes nés. Nous sommes les véritables perdants d’une guerre que ni les Américains ni les Vietnamiens n’ont pu gagner. Nous sommes devenus une race dans la race vietnamienne, un groupe ethnique distinct mais sans cohésion, un prolongement de ce fameux melting-pot américain égaré en Asie du Sud-Est.»
Rémy Gastambide

 Pour ceux qui ont connu le camp de la Rye au Vigeant, dans la Vienne
Les camps de rapatriés d’Indochine ne seront stabilisés dans leur composition que dans les années 60, après un vaste mouvement de chaises musicales où on mute à tour de bras les rapatriés d’un centre à un autre. Les trois camps de Bias (Lot-et-Garonne), Le Vigeant (Vienne) et Saint-Laurent-d’Ars (Gironde) ont été évacués en 1961 par les rapatriés d’Indochine pour être réservés en 1962 aux Harkis.
Le camp de Sainte-Livrade-sur-Lot va ainsi recevoir les rapatriés d’Indochine en provenance de Bias, Saint-Hilaire, Le Vigeant et Noyant.
Une partie de ceux du Vigeant seront mutés à Noyant avant de venir à Sainte-Livrade. Parmi eux, il y avait les familles Seusse, Huynh, Cao Van Tuat, Gao, Pruneta et M. Lejeune…
Qu’est devenu ce camp militaire de la Rye au Vigeant ? Son histoire : ce camp a accueilli des Indochinois en 1954, des Hongrois en 1957, puis des Harkis en 1962 dans le contexte de la fin de la guerre d’Algérie, pour servir de camp de transit et de reclassement, abritant alors un centre de formation pour jeunes adultes. En 1991, il est utilisé comme centre de réinsertion pour jeunes délinquants. Depuis que le Centre Éducatif fermé a été transféré à quelques kilomètres, le lieu est tombé en totale désuétude. Le département de la Vienne a décidé de faire détruire les bâtiments aujourd’hui complètement abandonnés et délabrés, seul le cimetière de six tombes sera préservé.
Voici quelques photos de ce lieu prises au mois d’août 2013 par Léon Nguyen. Nostalgie…

Les Hmong, « nos » Harkis d’Indochine

Certains membres de ce peuple des montagnes du Nord-Vietnam ont combattu avec les Français pendant la guerre d’Indochine, puis avec les Américains pendant la guerre du Vietnam. Quelques milliers émigrèrent en Guyane française, où les autorités avaient un plan pour eux. Voici leur histoire, cliquez sur ce lien pour lire l’excellent article d’Hélène Ferrarini sur Slate.fr

Un ancien tirailleur indochinois, Kiem Van Pham, « humilié » par la France
Un article de France Info. Kiem Van Pham a 95 ans. Il habite Marseille. Il a un rêve. Avant de mourir, il voudrait voir sa petite nièce, qui s’appelle Minh, et qui est sa dernière parente au Vietnam.
Sophie Manelli (« La Provence ») raconte le destin de Kiem Van Phan, né dans le Annam, en 1918 ou en 1919. A l’époque, la région est encore une colonie française. Kiem Van Phan se sent lié à la France. En 1939, au début de la guerre, il s’engage dans l’armée, comme vingt mille Indochinois. Pendant cinq semaines, il voyage dans la cale d’un bateau. Il débarque à Marseille. Il part pour la Normandie. Il se bat sur la ligne de front et il est capturé. Pendant trois ans, il est prisonnier au stalag, en Allemagne et en France, dans des camps « réservés aux Indigènes ». Les conditions de détention sont très difficiles. Le jeune homme est transféré à Saint-Dizier. Il réussit à s’évader. Il rejoint un réseau de résistance. Il s’y engage pendant sept mois, jusqu’en septembre 1944. Là, il demande à être réintégré dans l’armée. Il participe à la libération de Colmar et de Strasbourg, puis à l’occupation de l’Allemagne, dans la région de Coblence. Kiem Van Phan devient sergent, jusqu’en 1946 lorsqu’il est démobilisé. C’est le début de la guerre d’Indochine. Le jeune homme refuse d’aller se battre contre les siens.
Lire la suite de l’article en cliquant sur ce lien.

Les bagnes des Indochinois en Guyane (1931-1963)
Extrait d’un article paru sur le site criminocorpus.revues.org. «La Guyane réclamait sans cesse de nouveaux bras pour « développer » le territoire colonial. Cet objectif, autrefois mis en avant par les fondateurs des « bagnes » guyanais, avait gardé toute son actualité dans le discours politique : « L’Arabe et l’Asiatique résistent au climat (…). Pour le développement de la Guyane, l’Asiatique et le Malgache sont plus intéressants que l’Arabe ; ils sont plus résistants au climat, plus travailleurs, plus sobres ; c’est donc cet élément qu’il serait souhaitable de voir importer », écrivait le Gouverneur Siadous en 1929. L’idée, en termes tout à fait similaires, avait été exprimée par son prédécesseur Chanel, « l’homme lige de Paris », selon l’expression de Rodolphe Alexandre, spécialiste de l’histoire politique de la Guyane du XXe siècle. Varenne, en charge de l’Indochine à la même époque, s’était dit favorable à la reprise des convois vers le continent Sud-Américain à condition que la Guyane en finançât le coût. La démarche générale, comme le lexique employé, nous éclaire grandement sur le regard que les autorités d’alors portaient sur les peuples colonisés et sur les condamnés.

Mars 2006 : Les vestiges du camp de Crique Anguille, appelé aussi « bagne des Annamites », affecté aux détenus indochinois, sont aujourd’hui perdus au cœur de la forêt guyanaise. On distingue sur ce cliché des cellules de réclusion, bâties sur le modèle des cellules de l’île Saint-Joseph. © Thomas Sagnimorte

Mars 2006 : Les vestiges du camp de Crique Anguille, appelé aussi « bagne des Annamites », affecté aux détenus indochinois, sont aujourd’hui perdus au cœur de la forêt guyanaise. On distingue sur ce cliché des cellules de réclusion, bâties sur le modèle des cellules de l’île Saint-Joseph. © Thomas Sagnimorte

Pour lire l’article au complet, cliquer sur ce premier lien et sur ce second lien pour un autre article.
Histoire du courrier au CAFI

Intéressant article sur l’historique postal du camp par Roland Rosier, facteur au CAFI dans les années 60.

Courrier daté du 17 février 1967. Photo : La Tribune Livradaise

Courrier daté du 17 février 1967. Photo : La Tribune Livradaise

Malgré la présence d’un vaguemestre qui avait son bureau dans le bâtiment voisin de la chapelle, c’est un facteur du bureau de Sainte-Livrade qui distribuait, à pied, le courrier dans les allées du camp en faisant du porte-à-porte. La distribution du courrier du camp ne représentait qu’une partie de la tournée numéro 5 à la fin des années 1960… Pour lire la suite, cliquez sur ce lien
Le petit Vietnam de France. 60 ans dans un camp de rapatriés

Focus TV5Monde, dans le cadre de l’année France-Vietnam, retrace les 60 ans du Centre d’Accueil des Français d’Indochine de Sainte-Livrade-sur-Lot. Historique, interviews, témoignages. Avec la collaboration de Dominique Rolland. Cliquez sur ce lien.

Un siècle d’Indochine française

InaLe musée de l’armée a consacré en octobre 2013 une grande exposition à la présence française en Indochine.

Entre colonisation et assimilation, intégration et désir de souveraineté, ina.fr revient sur la rencontre entre la France et les peuples de l’Indochine ; de l’âge d’or colonial à l’indépendance indochinoise. Cliquez sur ce lien

Oulad l’Viêt-Nam (Les enfants du Vietnam)

Eh oui ! On découvre que nous ne sommes pas les seuls «lai» de ce conflit indochinois. D’autres existent, ils vivent au Maroc. Elles devaient être très courageuses ces femmes des campagnes qui ont osé épouser des étrangers autres que des français à cette époque.

DOCUMENTAIRE : Film marocain de 2005 (13 minutes) de Yann Barte, en arabe marocain (darija), viêtnamien, français. Sous-titrage en français. Produit par nabil Ayouch (Ali’n Prod, Casablanca) et la Fondation ONA.
Le Maroc les avait presque oubliés ! En 1972, près d’une centaine de familles maroco-vietnamiennes débarquent sur la base militaire de Rabat-Salé : des Marocains, la cinquantaine, leurs femmes vietnamiennes et leurs enfants. Qui avait entendu parler de ces familles auparavant ? Qui même s’en souvient aujourd’hui ?

Entre 1947 et 1954, par centaine, des Marocains avaient déserté l’armée française en Indochine pour rallier le Viêtminh, par solidarité anticolonialiste et par refus de servir une cause qui n’était pas la leur. « Oulad l’Viêt Nam » est une série de portraits, réalisés entre Casablanca et Sidi Yahia : des hommes et des femmes au destin extraordinaire dans leur vie très ordinaire, s’exprimant en marocain, vietnamien ou français.

Ce documentaire est un hommage à ces hommes, anciens combattants, oubliés de l’histoire, de l’historiographie militaire coloniale et du Maroc.
C’est aussi un témoignage des solidarités anticolonialistes entre deux pays en lutte pour leur indépendance : le Maroc et le Vietnam, en même temps qu’un travail d’urgence sur la mémoire (il ne resterait aujourd’hui qu’un seul ancien combattant Marocain « rallié »).

Rencontre avec Georges Bigot, metteur en scène de « CAFI »

Georges Bigot revient sur sa collaboration avec Vladia Merlet sur « CAFI », une pièce tout en justesse et émotion qui rend hommage aux Français rapatriés d’Indochine de Sainte-Livrade-sur-Lot.

Cao Bang, les soldats sacrifiés d’Indochine

« Si on doit un jour ne plus comprendre comment un homme a pu donner sa vie pour quelque chose qui le dépasse, c’en sera fini de tout un monde, peut-être de toute une civilisation ».

Documentaire de Bernard George diffusé le 27 avril 2014 sur France 5 dans l’émission “La case du siècle”.

Octobre 1950. Épisode clé de la guerre d’Indochine, Cao Bang est la première grande défaite d’un pays colonisateur face à une armée de libération nationale, un «désastre» qui porte les germes de l’effondrement de l’empire colonial français. Bâti autour des témoignages inédits des rares soldats rescapés, ce document retrace le parcours de ces jeunes hommes en quête d’aventure et d’exotisme, engagés dans une guerre que beaucoup croyaient romantique. Replongeant dans leurs souvenirs, ils évoquent les événements qui ont conduit à la défaite française et révèlent un épisode de ce conflit passé sous silence par les états-majors, le gouvernement et les médias.

Les camps de réfugiés

Interview de l’anthropologue Michel Agier par Catherine Salvet, dans Libération du 21 novembre 2014, sur les camps, en général et sur Sainte-Livrade en particulier (il y a un lien, dans cette interview, sur un papier sur le camp sorti en septembre 2014). Michel Agier vient de publier un livre collectif sur les camps intitulé Un monde de camps. En gros, il s’agit de comprendre comment fonctionne un camp et quels en sont les enjeux universels dans le temps (histoire) et dans l’espace (camps de Roms ou post-coloniaux) et de savoir si les victimes arrivent et comment ils arriveraient à retourner le système répressif à leur avantage.
Cliquez ici sur ce lien pour lire l’article.

Le Nouvel Obs du 1er novembre 2014 a publié aussi un article de 2 pages sur ce livre collectif sur les camps.

Saigon-Cayenne : les derniers déportés politiques indochinois

Ce document de 7 pages («Une saison en Guyane ») sur les derniers prisonniers politiques annamites en Guyane relate, entre autres, la vie de M. Luong Nhu Truat, papa de la famille Truat qui habite au camp. Nous vous en conseillons la lecture.


Diplômes français en Indochine

Trois diplômes obtenus par les premiers habitants du CAFI en Indochine.


Vidéos anciennes de l’Indochine sous la colonisation française

Ajout le 4 mars 2016 de quelques vidés de l’Indochine et de Saigon sous la colonisation française :
– Saigon de 1940 à 1945 :

– Hué de 1900 à 1945 :

– Saigon 1955 – 1946 – 1940 :

– Saigon avant 1945 :

– Le Vietnam en 1945 :

– Hanoï ancien :

Guerre d’Indochine : 40 ans de solitude
Entre 1947 et 1954, par centaine, des Marocains avaient déserté l’armée française en Indochine pour rallier le Viêtminh, par solidarité anticolonialiste et par refus de servir une cause qui n’était pas la leur. Certains sont ensuite revenus au Maroc avec leurs femmes vietnamiennes et leurs enfants. Ce documentaire de 45 mm, diffusé par la chaîne Al Jazeera World, est un hommage à ces hommes, anciens combattants, oubliés de l’histoire, de l’historiographie militaire coloniale et du Maroc. …

VTV4 : reportage sur les Amérasiens intitulé Children of the War
Tran Thu Ha, journaliste et chef de la division des programmes vietnamiens du Département International du Vietnam (VTV4), Télévision du Vietnam, vous convie à regarder ce film documentaire réalisé en 2015 sur les Amérasiens.

Le Blog Qui Débloque

Suivez Guy Levilain, auteur de romans sur l’Indochine coloniale et les questions sociales, sur son blog. Ses posts concernent ses livres, l’Indochine, la guerre, les camps (dont le CAFI)…