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Lot-et-Garonne. Que faisait Olivier Faure aux fêtes du Cafi ?

  Lot-et-Garonne Sainte-Livrade-sur-Lot

Lundi 12 août, Olivier Faure a visité le Cafi, puis échangé sur le projet d’extension de la loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et rapatriés d’Algérie.
« Sud-Ouest »
© Crédit photo : CEP-Cafi
Par Christelle Creton
Publié le 14/08/2024 à 16h00.
Mis à jour le 14/08/2024 à 17h46.


À Sainte-Livrade-sur-Lot, le Centre d’accueil des Français d’Indochine est en fête jusqu’au 15 août. Lundi, il a reçu la visite du premier secrétaire du Parti socialiste
Chaque année, le Centre d’accueil des Français d’Indochine voit sa population augmenter et de nombreux visiteurs se regrouper à l’occasion des festivités du 15 août. Ceux qui ont grandi sur le site et ont dû le quitter, mais aussi leurs enfants, désireux de se reconnecter à leurs racines, retournent dans ce quartier livradais atypique.
Ils profitent, quatre jours durant, d’un programme mêlant des moments solennels et festifs, concocté par l’Association des résidents et amis du Cafi (Arac) et le Collectif des Eurasiens pour la préservation du Cafi, dont le siège social est à Paris, mais qui est constitué de résidents ou anciens résidents du site livradais.
Cette année, les rendez-vous proposés par le CEP-Cafi s’articulent autour de la transmission et de la mémoire. Lundi 12 août, la visite d’Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste et député de la 11e circonscription de Seine-et-Marne, a été l’occasion pour les responsables de rappeler l’importance de l’histoire des lieux.
« La journée a été riche et intense, résumait Nina Sinnouretty-Douart, vice-présidente du CEP-Cafi. M. Faure a déjeuné avec nous et assisté à la pièce de théâtre ‘’Mémoires invisibles’’ de Paul Nguyen, de la 3e génération du Cafi. Il a échangé avec le public sur les particularités de la législation concernant notre communauté. Olivier Faure a des origines eurasiennes, même si sa famille n’est pas arrivée dans les mêmes conditions que les nôtres. »
Collecte des signatures dès septembre
Le député socialiste œuvre pour l’extension de la loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et rapatriés d’Algérie. « Tout comme nous, il souhaite que cette loi soit étendue aux rapatriés d’Indochine, précise Daniel Frêche, président du CEP-Cafi. Nous avions rencontré Patricia Miralles, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, et écrit au Président Macron. M. Faure nous a reçus à l’Assemblée et a proposé de porter un texte de loi en ce sens. Pour que les réfugiés d’Indochine qui ont été logés dans des camps puissent bénéficier des mêmes conditions que les harkis. »
« Cela devait se faire en juillet, mais tout a été ralenti à la suite de la dissolution de l’assemblée. Nous sommes ravis que le député ait profité des animations retraçant notre culture, notre histoire et notre mémoire. Il a indiqué que la collecte des signatures en faveur du texte de loi démarrerait en septembre. »
La fête n’est pas terminée

Mardi, les animations se sont poursuivies, entre podcast (« Vietnam-sur-Lot »), pièce de théâtre et table ronde avec l’historien Gabriel Weisberg, qui a, lui aussi, grandi au Cafi. « Le nom de mon père est le dernier inscrit sur la stèle de la mémoire. Nous sommes arrivés en 1956, ma mère est décédée en 1960 à 34 ans, laissant neuf enfants. » Il évoquait « Diên Biên Phu et ses conséquences dans le monde. »
Mercredi, après la projection du film « Diên Biên Phu », le site était en fête avec l’Arac, autour de la restauration vietnamienne, de la danse du dragon et d’un feu d’artifice. Ce jeudi, de nouveau moments solennels et de recueillement sont programmés, entre cérémonie bouddhiste à la pagode, prières aux défunts et repas des offrandes.

Journal Sud-Ouest

Sainte-Livrade-sur-Lot : au Cafi, quatre jours de festivités autour de la transmission et de la mémoire

Sainte-Livrade-sur-Lot : au Cafi, quatre jours de festivités autour de la transmission et de la mémoire

Le dragon dansera à nouveau, au Cafi, pour les festivités du 15 août. © Crédit photo : Christelle Creton

Par Christelle Creton

Publié le 07/08/2024 à 10h50.

Mis à jour le 07/08/2024 à 12h23.

Cette année encore, les festivités au Centre d’accueil des Français d’Indochine (Cafi) sont nombreuses et se déclinent sous le thème « Transmission et mémoire », du 12 au 15 août.

Lundi 12 août en matinée, une exposition photo sera à découvrir sur le film tourné au Cafi, « Mon père », de Jordan Raux, enfant de la 3e génération des rapatriés au camp. L’après-midi, à 16 h 30, la pièce de théâtre intitulée « Mémoires invisibles ou la part manquante », de Paul Nguyen (lui aussi de la 3e génération), sera suivie d’un débat avec les comédiens. Des food trucks seront installés, le midi et le soir, sur la place de la Mémoire. En soirée, un karaoké sera organisé sur le lieu de mémoire.

Le lendemain (13 août), la journée débutera à 10 heures par la présentation du podcast « Vietnam-sur-Lot », d’Alix Douart, et une table ronde en présence de Lien Maffray-Lecrenn, modératrice, et des derniers descendants du Cafi ayant réalisé un travail de mémoire. À 15 h 30, la pièce de théâtre sera de nouveau jouée, avec un débat, à 17 heures. En soirée, un repas associatif du CEP-Cafi au restaurant Saïgon sera proposé (sur réservation), avec, de nouveau, un karaoké.

Messe et cérémonie boudhiste

Mercredi 14 août, une messe sera donnée à 11 heures, « avant l’hommage aux parents, le discours devant le triptyque et le dépôt de gerbes », annoncent les organisateurs. À 14 h 15, le film « Diên Biên Phu », de Pierre Schoendoeffer, sera diffusé dans la salle du lieu de mémoire, suivi de débats avec Gabriel Weisberg, historien. « Il y aura également des informations sur la loi du 22 février 2023 sur les rapatriés d’Indochine et des nouvelles du projet du musée de la Mémoire au Cafi, ainsi que la présentation du roman ‘’Thi Maï dans l’enfer indochinois’’ d’Alain Castets. » À 19 heures, un repas aux saveurs asiatiques sera proposé au Saïgon (sur réservation) ; au même moment, se tiendra la fête de l’Association des résidents et amis du Cafi (repas asiatique, musique et danse du dragon).

Jeudi 15 août, une cérémonie bouddhiste sera organisée à la pagode (10 h 30) avec le vénérable Tray Quang Vien, avant les prières aux défunts et le repas des offrandes.

Durant les quatre jours, auront également lieu une vente et dédicace de la bande dessinée « Grandes vacances au mini Vietnam » de Jean-Luc Marçais-Ismaël (3e génération du Cafi), une rencontre avec l’auteur Alain Castets (dont la mère est vietnamienne) et une exposition intitulée « Les Petits Métiers au Vietnam », d’Albert Vandjour.

Renseignements et réservations : Nina Douart-Sinnouretty, au 06 24 98 38 11.

Festivités du mois d’août au CAFI

Programme des festivités organisées par le CEP-CAFI
Chers amis,
Cette année, nous sommes fiers de mettre en avant le travail de nos asio-descendants du CAFI pour la transmission et la mémoire de l’Indochine Française.
Les tables rondes, les pièces de théâtre, le podcast, la bande dessinée, les livres, les thèses participent à la dynamique des jeunes de la 3e génération du CAFI qui s’emparent des questionnements mémoriels qui les traversent.
Cette dynamique fait écho aux récentes pièces de théâtre : « Circulations capitales » de Marine Bachelot-Nguyen, « Mémoires invisibles ou la part manquante » de Paul Nguyen, « Saïgon » de Caroline Guiela Nguyen, au film « Mon père » de Jordan Raux, au podcast « Vietnam-sur-Lot » d’Alix Douart, aux thèses universitaires en psychiatrie de Paola Revue et à d’autres travaux de biens d’autres asio-descendants de la 3e génération du CAFI comme Nadège Lobateau …
Ces projets ont dépassé les frontières du CAFI et ont suscité des entretiens pour la réalisation du projet « Entre deux rives » de Paul Nguyen, des articles de journaux de presse régionale et nationale, des émissions de radio et des tables rondes au siège du journal « le Nouvel Obs » et au festival ICI Vietnam le 15 juin 2024 à Paris,
Ne manquez pas :
. La table ronde du mardi 13 août 2024 à 10 h avec notre amie Lien Maffray-Lecrenn, modératrice, et la participation des derniers descendants du CAFI ayant réalisé un travail de mémoire 
.  Le débat du mercredi 14 août (après le film), animé par Gabriel Weissberg, enfant de la 2e génération du CAFI de Bias, maître de conférences et professeur des universités à Toulouse.
. Le CEP-CAFI et Pôleth Wadbled vous informeront des projets sur le Musée des mémoires du CAFI,  de Noyant-d’Allier et du CAFI de Sainte-Livrade-sur-Lot.
. Information en ce qui concerne l’extension de la loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis, réparation en raison du traumatisme de l’exil et de la relégation, des mauvaises conditions de vie dans les camps, des conditions indignes, et la reconnaissance des Rapatriés d’Indochine, le projet doit être débattu à l’assemblée nationale prochainement.
Au plaisir de vous voir et de vous revoir cet été pour de chaleureuses retrouvailles.
Nina Sinnouretty

Cliquer ici pour visualiser le PDF de la pièce de théâtre « Mémoires invisibles ou la part manquante »

Discours du CEP-CAFI à Sarcelles

Lors de la cérémonie de la commémoration de la guerre d’Indochine à Sarcelles, le président du CEP-CAFI, M. Daniel Frèche, a prononcé un discours sur les conséquences de la fin de colonisation de l’Indochine.
« Bonjour monsieur le Maire, mesdames, messieurs,
Nous vous rappelons qu’après la défaite de Dien Bien Phu et les accords de Genève en 1954, les Rapatriés français d’Indochine ont dû quitter le Nord du Vietnam pour suivre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) vers le Sud et s’installer dans les premiers camps provisoires, près de Saigon. Après 2 ans de vie dans ces camps aux conditions déplorables, ils furent rapatriés en 1956 par bateau, dans des cales, pour rejoindre la mère patrie. La plupart de ces rapatriés étaient des veuves d’origine vietnamienne mais de nationalité française. Ces rapatriés ont séjourné pendant de longues années dans des camps avec des conditions indignes sans hygiène, sans chauffage, oubliés de toutes les législations sur les rapatriés depuis la loi du 26 décembre 1961. Celle-ci donnait une définition juridique aux rapatriés et prévoyait des dispositifs d’assistance, de solidarité et d’aide à l’insertion en leur faveur. Avant le vote de la loi de 1962, le Centre d’Accueil des Rapatriés d’Indochine (CARI) était devenu le Centre d’Accueil des Français d’Indochine (CAFI). Ce changement de statut leur enlevait le droit de se revendiquer comme des Français rapatriés dans les termes de la loi de 1961. C’est ainsi que, pour nous, les rapatriés d’Indochine se voyaient privés des dispositifs d’assistance, de solidarité et d’aide à l’insertion en leur faveur de la loi de 1962 et de toutes les lois suivantes votées seulement en faveur des rapatriés d’Algérie.
A leur arrivée en France, les familles des rapatriés d’Indochine des camps de Bias, de Sainte-Livrade-sur-Lot et de Noyant-sur-Allier ainsi que les familles des harkis ont vécu dans les mêmes conditions, ont été administrés par les mêmes ministères et soumis dans les premières années au même arrêté Morlot, qui les privait de leurs droits et libertés. Pour sortir du camp ou pour recevoir des invités, il fallait demander l’autorisation centrale. Posséder un poste de télévision ou une voiture pour aller travailler c’était un signe de richesse, l’administration centrale pouvait expulser toute la famille entière. Et quand ils manifestaient en 1959 pour demander de meilleures conditions de vie, l’administration centrale leur envoyait 3 escadrons de CRS pour encadrer le camp de Bias et de Sainte-Livrade-sur-Lot. L’administration a ainsi déplacé les rapatriés récalcitrants vers les centres urbains et en particulier à Sarcelles (quartier Lochères), à Ermont dans le Val-d’Oise. A cette époque, ils ont rencontré les mêmes comportements, au mieux méfiants, au pire hostiles, des habitants de cette banlieue. Ils ont connu les mêmes difficultés pour devenir des Français pleinement reconnus dans leurs droits, avec des douleurs souvent transmises d’une génération à l’autre.
La Loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d’Algérie anciennement de statut civil de droit local et réparation des préjudices subis par ceux-ci et leurs familles, du fait de l’indignité de leurs conditions d’accueil et de vie dans certaines structures sur le territoire français, a marqué une étape importante et attendue pour notre mémoire collective. La France a enfin reconnu sa responsabilité du fait des conditions indignes de l’accueil sur son territoire d’une partie de sa population, ayant entraîné privations, atteintes aux libertés individuelles, exclusion, souffrances et traumatismes durables. Cette étape nécessaire a encore une fois laissé de côté les familles des rapatriés d’Indochine ayant subi le même sort.
Les associations des rapatriés d’Indochine sont intervenues auprès de Mme Mirallès, secrétaire d’Etat auprès du ministres des Armées, chargée des Anciens Combattants et de la Mémoire, pour demander la réparation de l’injustice de traitement qu’ont subi les rapatriés d’Indochine. Mais jusqu’à maintenant, aucune réponse favorable nous est parvenue. Nous avons écrit à tous les groupes de députés et de sénateurs pour leur demander de rédiger un texte de loi identique à celle des Harkis qui a pour objectif de réparer une égalité de traitement et de faire bénéficier les rapatriés d’Indochine de la même reconnaissance et des mêmes réparations que celles accordées il y a 2 ans aux Harkis.
Nous tenons à remercier monsieur le Député Olivier Faure qui, après nous avoir reçus et écoutés à l’Assemblée nationale, a accepté de rédiger un nouveau texte de loi pour les rapatriés d’Indochine. Nous demandons à nos concitoyens d’intervenir auprès de leurs députés et sénateurs pour que cette loi puisse être votée en faveur de ces rapatriés qui réclament depuis 1954 un traitement juridique identique afin qu’ils soient reconnus et rétablis dans leurs droits.
Je remercie monsieur le Maire de Sarcelles, M. Patrick HADDAD, ainsi que les membres de son conseil municipal, de m’avoir accordé cette intervention au cours de cette journée de commémoration sur la guerre d’Indochine et ses conséquences.
Je remercie aussi M. Martial BEAUVILLE, qui s’excuse pour son absence aujourd’hui à cause de son déplacement en Angleterre et qui me permet d’être là pour évoquer avec vous cette histoire douloureuse qu’ont vécue les rapatriés d’Indochine. »